Pourquoi la peur de l’échec prend-t-elle le pas sur les joies du succès ?

Le cerveau humain est une machine extraordinaire. Il nous permet d’accomplir des choses exceptionnelles qui dépassent l’entendement bien souvent. Cependant, ce même cerveau a la fâcheuse tendance de nous éviter de prendre des risques. Les grands de ce monde arrivent à dépasser cette mauvaise habitude ce qui leur permet d’atteindre leurs rêves les plus fous. Pour nous autres, il paraît important de se demander pourquoi la peur de l’échec est plus importante que les joies du succès. Cet article se veut être une modeste tentative d’explications.

Pourquoi la peur de l'échec prend-t-elle le pas sur les joies du succès ?

L’échec est plus marquant que le succès

Considérons des investisseurs du monde de la finance qui viennent à perdre de l’argent sur une action. Le mal qu’ils vont ressentir est plus grand que le plaisir qu’ils auraient ressenti en voyant une autre action augmenter d’un montant équivalent. Ainsi, on constate bien souvent que l’échec marque beaucoup plus que le succès. Par conséquent, les investisseurs vont adopter une attitude défensive. En effet, la plupart d’entre eux seront peu enclins à prendre des risques. De fait, seule une poignée d’entre eux vont se démarquer par leur sens du risque. Bien souvent, ils vont réussir et seront considérés comme des investisseurs d’exception !

D’une manière générale, la peur de l’échec va pousser la majorité des investisseurs à acheter quand les actions ont un cours haut et vendre quand le cours est bas. Tout ceci alors que c’est une stratégie de perte garantie. Plus grand investisseur de l’histoire, Warren Buffett a déclaré un jour :

« Les investisseurs qui réussissent sont avides quand d’autres ont peur, et ils ont peur quand d’autres sont avides. »

Warren Buffett

Une peur de l’échec héritée de notre histoire

Alors d’où vient le problème de ces investisseurs ? Le problème tient au fait que la plupart des investisseurs sont des êtres humains. En effet, la sélection naturelle a favorisé une prudence excessive car elle a aidé bon nombre de nos ancêtres éloignés à survivre. Quand il s’agit d’investir, nous risquons simplement de perdre de l’argent. Notre vie n’est pas en jeu, il y a donc un monde d’écart. Ainsi, la peur de l’échec ne devrait pas rentrer en ligne de compte.

Des cerveaux programmés pour avoir une aversion au risque

Afin de bien comprendre pourquoi notre cerveau favorise à ce point la prudence excessive dans la plupart des situations, il faut revenir à notre condition animale. Observons un instant les animaux. Lorsqu’ils se déplacent, les animaux le font principalement pour se nourrir, se reproduire et éviter les dangers. Parmi ces motifs, la priorité absolue est évidemment d’éviter le danger. En effet, les individus les moins prudents sont ceux dont la lignée va s’éteindre le plus rapidement.

Cette réaction de combat ou de fuite est l’une des composantes clés de notre vie émotionnelle. Ainsi, elle contribue à expliquer pourquoi nous sommes si peu enclins à prendre des risques aujourd’hui.

Des cerveaux programmés pour avoir une aversion au risque

Dans l’histoire, les humains ont eu de nombreux prédateurs naturels tels que les lions, les tigres ou encore des loups. En conséquence, nous avons développé des cerveaux assez peu enclins à prendre des risques. Le niveau d’anxiété va ensuite varier d’un individu à un autre en fonction de son patrimoine génétique. Néanmoins, il est également sensible à nos expériences de vie. Ce phénomène se retrouve également dans l’effet de la pauvreté sur la volonté des enfants de faire ensuite des efforts en matière d’éducation et de carrière.

Fortes corrélations entre pauvreté et peur de l’échec

De nombreuses études scientifiques ont clairement établi que des enfants élevés dans la pauvreté ont moins d’ambition. Ainsi, ils se contentent de satisfaire leurs besoins fondamentaux. Ils ne veulent pas accomplir de grandes choses dans leur vie professionnelle. Ce manque d’ambition tient bien souvent à une peur de l’échec importante. En effet, les enfants qui ont une grande peur de l’échec évitent les défis difficiles et se satisfont le plus souvent d’objectifs simples qu’ils peuvent facilement atteindre.

L’ambition inférieure des enfants élevés par des parents pauvres n’est finalement que le reflet du comportement des parents. Les parents passent très peu de temps à renforcer les efforts des enfants dans les tâches difficiles. Au lieu de cela, ils vont avoir tendance à les punir systématiquement pour leurs échecs. En devenant adulte, ils vont garder ce mode de fonctionnement. Ainsi, ils vont poursuivre des objectifs à court terme plutôt que des ambitions à long terme. De fait, ils vont privilégier un comportement impulsif tel que dépenser leur argent de manière inconsidérée sans penser à l’avenir.

Le problème est donc présent dès l’enfance. Le fait d’accentuer les punitions lors des échecs et de considérer les succès comme chose normale va renforcer cette mentalité. Une fois devenu adulte, comment un enfant élevé ainsi pourrait-il prendre le risque de créer une entreprise ?

La peur de l’échec doit être combattue dès l’enfance

Comme souvent, tout part de l’enfance. Une société poussant ses enfants à prendre des risques, mesurés, tout en tolérant leurs échecs va produire des adultes plus hâte à créer des entreprises. C’est ainsi que les pays Scandinaves ou les Etats-Unis sont en avance sur la France dans ce domaine. En effet, dès l’enfance, on apprend aux enfants à considérer les échecs comme un tremplin vers leurs succès futurs.

La peur de l'échec doit être combattue dès l'enfance

Essayer, échouer et essayer encore avant de réussir est quelque chose à enseigner dès le plus jeune âge. Vous devez montrer à vos enfants qu’ils ont eu raison d’être audacieux et de prendre des initiatives. En outre, il faut les aider à tirer le meilleur de leurs échecs pour qu’ils capitalisent ensuite avant de réussir.

Le comportement bienveillant envers les enfants durant leur éducation leur donnera le filet de sécurité mental nécessaire pour ne plus avoir peur de l’échec. En outre, le fait de ne plus avoir peur de l’échec va rendre les succès encore plus agréables. En effet, ce qui empêche les adultes de savourer convenablement leur succès reste avant tout la peur de l’échec.

Conclusion

La peur de l’échec n’est pas une fatalité. Cependant, il s’agit d’une mauvaise habitude mentale qui est liée à notre histoire et à nos expériences de vie. Les dangers de la société actuelle n’étant plus les mêmes que par le passé, il est désormais à vous de changer la donne en éduquant vos enfants pour leur montrer que l’échec est partie intégrante du succès.

Apprendre de ses échecs est un tremplin idéal pour de futurs succès. C’est une certitude et la plupart des grands entrepreneurs de notre époque pourront le confirmer. Enfin, le fait de considérer l’échec comme une opportunité et de ne plus en avoir peur va permettre ensuite de goûter encore mieux aux joies du succès.

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